LeSS - Automatisation des tests

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Auteur : The LeSS Company B.V.
Source : Test Automation


Traducteur : Nicolas Mereaux
Relecteur : Fabrice Aimetti
Date : 06/11/2022


Traduction :

LeSS - Portail Excellence technique

Tests manuels

Les développeurs agiles mettent en avant l’importance des tests automatisés. En effet, avec des cycles courts, l’exécution manuelle des tests de régression s’avère quasiment impossible. Cela signifie t’il qu’il n’y a pas du tout de tests manuels ? Non. Certains tests manuels sont toujours recommandés, même si ces tests diffèrent quelque peu des tests manuels faits à l’aide de scripts.

Automatiser les tests manuels

Les affirmations « Il est impossible d’automatiser des tests de pertes de connexion réseau » ou « Il est impossible d’automatiser des tests portant sur un problème matériel » reviennent souvent de la part des groupes produits. Notre réponse est généralement « Non ce n’est pas vrai » ou « Oui, vous pouvez faire ces types de tests. »

Elisabeth Hendrickson, l’auteur du mini-livre (vo) Exploratory Testing in an Agile Context ose d’ailleurs dire

Je pense que si vous êtes en mesure d’écrire un script de test manuel, c’est que vous êtes aussi en mesure de l’automatiser.

Il peut s’avérer difficile d’automatiser un test exactement de la même manière que s’il était fait manuellement. Par exemple, il est quasiment impossible de débrancher automatiquement un câble réseau pour un cas de test de perte de connexion. Par conséquent, un test automatisé se fait généralement de manière différente. À la place de débrancher physiquement un câble, le test automatisé va instruire le pilote réseau de répondre comme si le câble réseau avait été débranché.

Est-ce que ça vaut le coup d’automatiser tous les tests ? Selon Elisabeth Hendrickson :

Si un test est suffisamment important pour être scripté, et exécuté, il est alors suffisamment important pour être automatisé.

Pourquoi cela ? Le développement itératif et incrémental implique que le code ne soit pas figé en fin d’itération mais qu’il ait, à la place de cela, le potentiel d’être changé à chaque itération. Par conséquent, faire du test de régression manuel signifierait ré-exécuter la majorité des tests manuels à chaque itération. Il va sans dire que l’automatisation s’avère rentable rapidement.

Cela s’avère être particulièrement vrai sur le développement à grande échelle qui prône, entre autres, des équipes features et la propriété collective du code, et pour lequel le filet de sécurité offert par les tests automatisés est d’une importance capitale.

Faire quelques tests manuels

Automatiser tous les tests pourraient ne pas valoir le coût voire même ne pas être possible. Certains tests tels que ceux évoqués ci-dessous devront alors être faits manuellement :

  • Les tests nécessitant une appréciation et de la créativité de la part de quelqu’un, c’est-à-dire d’une personne capable de juger si l’interface s’apprête bien à des tests d’utilisabilité. Les tests exploratoires, par définition, ont besoin de quelqu’un pour décider de la prochaine étape à explorer.
  • Les tests nécessitant une action physique, par exemple dans le cas de tests d’un système ayant des configurations matérielles différentes. Cela peut être automatisé par le biais de la simulation, mais la vraie configuration matérielle pourrait s’avérer nécessaire pour l’exécution du test final.
  • Des tests coûteux par nature. Par exemple, exécuter des tests de capacité en environnement de production peut s’avérer trop coûteux et par conséquent ne sont exécutés tout au plus qu’une ou deux fois au cours de la vie du produit. Toutefois, ces tests ne font que retarder le risque. Il est nécessaire de s’attaquer à ces risques le plus tôt possible avec des tests moins coûteux - par exemple, en exécutant des tests de capacité sur une simulation de l’environnement cible - cela permettra que l’exécution du vrai test, qui lui est coûteux, ne soit que la vérification finale.

Pas de fausse dichotomie : essayez d’automatiser tous les tests, mais n’oubliez pas de faire des tests manuels lorsque c’est nécessaire.

Faire des tests exploratoires

Dans son ouvrage Perfect Software and Other Illusions about Testing, Gérald Weinberg évoque : « l’idée reçue quant à l’exhaustivité des tests, autrement dit il est possible de tout tester ! ». Ce n’est pas le cas. Le nombre de scénarios possibles à tester est pour ainsi dire infini et par conséquent automatiser tous les tests demanderait un effort d’automatisation infini. Essayez donc plutôt d’automatiser les tests déjà envisagés et consacrer du temps aussi efficacement que possible sur les tests exploratoires pour trouver des cas de tests non envisagés.

Vue globale du test exploratoire :

Tests exploratoires

Qu’est-ce que le test exploratoire ? Dans un de ses articles, James Bach le définit comme étant « la combinaison de l’apprentissage, de la conception de tests et de l’exécution de tests en simultané » – Bach03(vo). Cela vient en contraste avec le test scripté traditionnel dans lequel la conception des cas de tests et l’exécution se font de manière séparée et séquentielle avec d’abord la conception et après l’exécution. Le test exploratoire a pour objectif d’utiliser le plus possible la créativité humaine lors de l’exécution des tests, d’en tirer des informations et de les utiliser pour prendre des décisions relatives à la conception des tests. Cela sera plus clair à l’aide de l’exemple suivant :

Imaginons que Gina soit en train de tester une application de modélisation 2D. Tout d’abord, elle commence par définir l’objectif de sa session de test exploratoire que l’on appelle une mission ou une charte. Sa charte est d’ « Explorer les changements de formes en déplaçant les points de contrôle ». Elle sélectionne une forme, la place sur le canevas, et y ajoute deux points de contrôle. Elle déplace l’un d’entre eux et observe ce qu’il se passe. En se basant sur ses observations (apprentissage), elle détermine quelle sera la prochaine étape (conception) et la réalise (exécution). La forme prend un nouvel aspect même si elle remarque que lors du déplacement des points de contrôle la forme a pris temporairement un nouvel aspect qu’elle n’aurait probablement pas dû avoir. Aussi, elle continue à les déplacer et à les déplacer jusqu’à ce qu’elle arrive à reproduire ce type de transformation accidentelle.

Dans cet exemple, il n’y a pas de script détaillé préconçu ou de cas de test mais plutôt un périmètre de test — une charte. La première étape est d’observer le système et à partir de cette observation de déterminer l’action suivante à savoir la conception des tests. Toutes les techniques traditionnelles de tests et toutes les heuristiques traditionnelles de tests sont utilisées lors de cette phase de conception.

Tests exploratoires

Tests automatisés

Créer des tests maintenables

« Les tests automatisés vont augmenter notre charge de maintenance des tests » est une objection que nous entendons régulièrement. Il est certain que la maintenance des tests vous coûtera un peu mais quelques techniques simples peuvent minimiser ce coût :

  • supprimer toute duplication à l’intérieur et à l’extérieur des tests
  • supprimer les tests
  • ne pas tester à travers une IHM
  • exécuter les tests fréquemment

Supprimer toute duplication à l’intérieur et à l’extérieur des tests

La duplication du code engendre un niveau de complexité, d’incertitude et d’anomalies supplémentaires — ayant pour conséquence un effort de maintenance supplémentaire. C’est vrai tout autant pour le code de test que pour le code en production. Vous pouvez vous éviter cela en supprimant toute duplication de code qui serait présente.

Les flux de travail de tests sont une forme répandue de duplication. Ils se présentent le plus souvent sous la forme d’un scénario parent avec tout un ensemble de cas de tests dérivés avec par ici ou par là quelques légères variations. Tous ces flux de travail de tests doivent être mis à jour. Ce type de duplication peut être évité avec des tests pilotés par les données qui se focalisent sur les règles métiers ou en séparant les éléments dans des bibliothèques de tests ou des fixtures.

Nous avons accompagné une équipe qui avait fait une erreur assez répandue au sein de beaucoup d’équipes — elle avait repoussé l’automatisation des tests à la fin de son itération. Il lui restait 4 jours avant la fin de l’itération et uniquement des tâches d’automatisation à faire. Lors de son itération précédente, ces tâches avaient été faites par un spécialiste des tests mais ces tâches devaient être faites dorénavant par l’ensemble de l’équipe.

Nous avons fait démarré l’équipe avec un atelier d’une journée au cours duquel un spécialiste a formé et accompagné les différents membres de l’équipe. Après cet atelier, l’équipe s’est scindée en plusieurs groupes de deux personnes plus un groupe de trois personnes pour travailler sur l’automatisation des tests. Quelque chose d’intéressant s’est produit : les développeurs expérimentés de l’équipe se sont plaints du surcroit de travail nécessaire à cause de la duplication présente dans les tests. Avant ça, aucun d’entre eux ne l’avaient remarqué et le spécialiste des tests — qui n’avait pas beaucoup d’expérience en programmation — ne s’en était jamais soucié. Maintenant que toute l’équipe était impliquée, tous le monde s’en souciait et la qualité des tests s’est alors grandement améliorée.

Supprimer des tests lorsqu’ils n’apportent aucune valeur

Les tests servent plusieurs objectifs. Ils servent d’exigences, de vérifications et font aussi office de filet de sécurité pour prévenir la régression du système.

Lorsqu’un test existant n’est plus nécessaire — sachant qu’il n’est qu’une sous-partie d’un autre test — supprimez-le. Ne pas supprimer les tests superflus n’apportent rien mais augmentent par contre le travail de maintenance et diminuent la vitesse d’exécution des tests.

Éviter de tester à travers une IHM

Les interfaces utilisateurs (ou IHM) ont tendance à changer fréquemment. Exécuter vos tests à travers une IHM les rend vulnérables à ces changements, même s’il n’y a aucun changement dans la logique du test, cela augmente la charge de maintenance des tests.

Par conséquent, éviter de tester à travers une IHM et faites plutôt appel directement à la logique applicative à travers une API. Un autre avantage de faire cela est d’accélérer la vitesse d’exécution de vos tests car tester à travers une IHM s’avère généralement toujours très lent.

Exécuter les tests fréquemment

Il y a longtemps, nous avons travaillé avec une grosse équipe travaillant selon une approche en cascade. Le conseil habituel en automatisation de test est de sélectionner et d’automatiser uniquement les cas de tests les plus importants — par une équipe dédiée à l’automatisation des tests — après la livraison. Ils ont donc fait ça. À la fin de la livraison suivante, ils ont alors exécutés les tests et ... ils ont tous échoués. Mettre à jour tous les tests aurait pris trop de temps, alors ils ont décidé de tout tester manuellement.

Exécuter les tests une ou deux fois par livraison peut sembler efficace — car il y a moins de cycles CPU utilisés — mais entre deux livraisons beaucoup de choses auront changé, et par conséquent beaucoup de tests échoueront, ce qui aura pour conséquence de générer un gros travail de maintenance. Alternativement, exécuter les tests fréquemment — en utilisant un système d’intégration continue — utilisera davantage de cycles CPU mais il y aura moins de maintenance étant donné que la charge de correction des tests sera moindre. Si vous avez une forte charge de maintenance de tests, c’est probablement que vous ne les exécutez pas assez fréquemment.

Traiter les tests non fonctionnels comme des tests fonctionnels

Automatiser et exécuter de manière continue les tests non fonctionnels est quelque chose d’essentiel. Les retarder jusqu’au dernier moment signifie c’est prendre de très gros risques là où ça peut faire le plus mal. Par exemple, s’il est exigé que le système doit avoir un certain niveau de performance, il est nécessaire de le tester le plus tôt possible pour déterminer s’il atteint le niveau exigé, et de le tester de manière continue au fur et à mesure que de nouvelles fonctionnalités sont ajoutées pour s’assurer que le système ne régresse pas par rapport au niveau de performance exigé.

Les exigences non fonctionnelles sont souvent traitées de manière assez exotique - les gens croient qu’elles ne peuvent être ni spécifiées ni testées. C’est dramatique. Dans un atelier d’exigences, les exigences non fonctionnelles sont considérées de la même manière que les tests fonctionnels, et des tests d’exemples sont créés pour aider à la compréhension.

Exécuter de manière continue des tests qui prennent du temps à s’exécuter

Il est fréquent que les tests non fonctionnels ne puissent s’exécuter dans un cycle normal d’intégration continue parce qu’ils prennent trop de temps à s’exécuter - un test de stabilité peut prendre jusqu’à deux semaines. Certains groupes produits les retardent pour ainsi dire juste avant la livraison — créant ainsi un cycle de boucle de rétroaction à retardement. Ce n’est pas une bonne idée de procéder de cette manière.

Exécutez plutôt les tests qui prennent du temps de manière continue dans un cycle d’intégration continue plus lent. Traitez-les comme n’importe quel autre test. Lorsqu’ils échouent, informez les personnes ayant implémenté le code. Après qu’ils aient fait le nécessaire, récupérez le dernier exécutable et exécutez à nouveau les tests.

Utiliser la virtualisation ou les conteneurs

Afin d’accélérer les tests et de maintenir l’investissement matériel à un niveau raisonnable, maximiser l’utilisation de la virtualisation en utilisant VirtualBox ou VMWare. Une alternative à l’utilisation d’une machine virtuelle (qui n’est pas toujours très rapide à mettre en place ou à maintenir) est l’utilisation d’un conteneur virtuel linux tel que Docker.

Éviter d’utiliser des outils de tests commerciaux

Une fois nous avons accompagné une entreprise qui développait un outil commercial d’ « automatisation de tests » - et pour être plus précis un outil de test IHM. Quel avait été l’accompagnement demandé ? D’apprendre comment faire des tests automatisés pour l’aider à développer son outil de tests automatisés...

Une multitude d’outils commerciaux de tests existent. Nous avons rarement rencontré des gens qui en aient été réellement satisfaits. La plupart d’entre eux sont bien trop complexes, se focalisent davantage sur la production de tableaux de bord et la gestion plutôt que sur une automatisation robuste et satisfaisante des tests. Privilégiez plutôt les outils libres et dont le code source est ouvert, faits par des développeurs pour résoudre de vrais problèmes - plutôt que des outils commerciaux.

Voici une liste d’outils d’automatisation de tests communément utilisés :

Il en existe bien plus encore. La liste ci-dessus porte uniquement sur les outils les plus répandus, de nouveaux outils voient le jour régulièrement.